© Laurent Valère Art Studio

L'AFFAIRE WILLHELM GUSTLOV

Le Wilhelm Gustloff  était  un navire de croisière prestigieux de grandes dimensions lancé à Hambourg par la marine allemande le 5 mai 1937, il portait le nom d’un responsable national-socialiste assassiné l’année précédente. Transportant plus d’un millier de soldats et d’officiers allemands ainsi que plusieurs milliers de réfugiés de Prusse-Orientale fuyant la progression de l’Armée rouge, il est torpillé par un sous-marin de la marine soviétique le 30 janvier 1945. Selon des études récentes son naufrage provoqua la mort d’au moins 5 300 personnes, une source allemande annonçant quant à elle le chiffre d’environ 9 343 personnes, ce qui en ferait la plus grande catastrophe maritime de tous les temps.

Au soir du 30 janvier, le Wilhelm Gustloff, escorté d’une seule vedette lance-torpille, reçoit un message d’une formation de dragueurs en approche lui demandant de naviguer avec les feux de position allumés pour éviter tout risque de collision entre les navires, ordre que le capitaine Petersen exécute immédiatement. Mais un quatrième sous-marin se trouvait alors en patrouille à proximité, le long de la côte basse de Poméranie orientale, le S13.

Alexandre Marinesko, le capitaine du sous-marin, fait armer quatre torpilles, dénommées « Pour la mère-patrie », « Pour le peuple soviétique », « Pour Leningrad » et « Pour Staline ». La dernière fait long feu et doit être retirée du tube puis désamorcée en catastrophe, tandis que les trois premières touchent le paquebot, qui coule en moins de 50 minutes.

Les torpilles frappent le flanc bâbord du paquebot allemand. La première pulvérise le compartiment de l’équipage à l’avant. La seconde explose juste en dessous de la piscine, où des dizaines d’auxiliaires féminines de l’armée ont trouvé refuge. La troisième atteint la salle des machines, plongeant instantanément le bâtiment dans le noir.

Pendant ce temps, une grande panique règne à bord du navire bondé, où les canots de sauvetage sont en sous-nombre et assaillis. L’un des rescapés, le mécanicien Johann Smrczek, fera le récit des événements. Ayant rejoint le pont supérieur aménagé pour les blessés du front oriental, il y a « pris conscience du drame qui se déroulait en bas. À travers les vitres blindées, je ne pouvais les entendre crier. Mais les gens étaient serrés comme des sardines et le pont inférieur était déjà à moitié couvert d’eau. Et j’ai vu des éclairs, des coups de feu. Les officiers tuaient leur propre famille5. »

Seuls 996 rescapés sont secourus par des navires accourus à la rescousse et groupés autour du croiseur lourd Admiral Hipper, laissant derrière eux plusieurs milliers de victimes.

Cette histoire peu connue a inspiré à Laurent Valère, un hommage aux damnés de la guerre  sous forme de tableaux mettant en scène sa vision des évènements.